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Discours et allocutions

[22 janvier 2008] Lancement de 8 nouveaux projets dans le Grand Sud

Discours de Mr Jean-Claude BOIDIN,
Ambassadeur, Chef de Délégation de la Commission Européenne à Madagascar, à l’occasion du lancement de 8 nouveaux projets dans le Grand Sud.
Ambovombe, le 22 janvier 2008.


Messieurs les Ministres,
Monsieur le Chef de région,
Monsieur le DG,
Monsieur le Coordonnateur de l’ONN,
Mesdames les représentants de l’Ordonnateur National,
Mesdames & Messieurs les Maires,
MM les représentants des ONG engagées dans le développement de la région,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais d’abord vous remercier pour votre accueil et pour votre hospitalité.

Je suis heureux que nous nous retrouvions aujourd’hui, à l’occasion du lancement de 8 projets de développement initiés par des ONG dans le grand Sud malgache, projets auxquels la CE apporte un concours financier substantiel de 4,2 Millions d’Euros.

Tous ces projets viennent tout juste d’être signés, dans les derniers jours de 2007. Leur mise en œuvre est sur le point de démarrer, et elle commencera à produire des résultats dès cette année. Ce sont des projets pour 2008 et au-delà, qui accompagnent nos souhaits pour la nouvelle année qui commence.

Je suis heureux que cela se passe en présence des ONG concernées qui, pour la plupart, sont engagées de longue date dans le développement du Grand Sud, souvent avec notre appui, et ont acquis une expérience irremplaçable des défis et du potentiel de la région .Puisque vous êtes à l’origine de ces nouvelles initiatives, vous pourrez nous en dire plus sur vos projets respectifs, y compris à travers nos étapes sur le terrain.

Je suis particulièrement heureux que cette cérémonie se tienne en présence du Ministre de l’Agriculture et du Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, coach de la région. Avec celle des représentants de l’Ordonnateur National qui aurait souhaité se joindre à nous, votre présence démontre au plus haut niveau l’intérêt que le gouvernement porte à ce type d’actions de développement décentralisées, et au développement de l’Androy et de l’Anosy.

Aspects communs

Permettez moi de souligner quelques aspects communs aux huit actions qui sont lancées aujourd’hui :

  • Tout d’abord leur dimension : le budget moyen de ces huit projets est de 600.000 €, soit environ 1,5 milliard d’Ariary. Ceci montre que l’UE ne finance pas que des très grands projets à Madagascar. Nous ne sommes pas non plus dans le domaine des micro-réalisations et des projets villageois : il s’agit de « méso-projets » qui, par leur taille, peuvent avoir un véritable impact sur les processus de développement, tout en restant proches des populations.
  • Ensuite les domaines d’activité concernés : 6 de ces 8 projets appartiennent au programme PRONUMAD, une initiative de l’UE centrée sur les besoins nutritionnels des populations vulnérables ; ils seront conduits par les ONG AIM (Intercoop Madagascar), GRET, CARE France, Andrew Lees Trust et AZAFADY. Un projet avec FONDEM relève de la Facilité Energie du 9ème FED. Le dernier, avec AFDI, concerne l’appui à la mise en place des centres de services agricoles.
  • En troisième lieu, l’additionnalité des ressources ; les subventions de la CE aux ONG viennent directement du budget de l’UE à Bruxelles, et non pas du programme indicatif qui finance notre coopération avec Madagascar dans le cadre de l’accord de Cotonou. Pour Madagascar, ce sont donc 4,2 M€ d’aide européenne en plus. Auxquels s’ajoutent 600.000 € apportés par les ONG concernées. Au moment où nous nous efforçons tous de mobiliser des ressources additionnelles en soutien au MAP,
  • Enfin le lien avec la décentralisation en cours à Madagascar : chacun de ces projets se consacre à une ou plusieurs communes bien déterminées, et son exécution s’inscrit de façon étroite dans les priorités de la région, du district et des communes. Je sais que les ONG ont préparé et formulé leurs projets en liaison étroite avec les Maires, les Chefs de District et les Chefs de Régions. Je souhaite que cette collaboration s’approfondisse encore au stade de l’exécution, et que les investissements réalisés s’inscrivent bien dans les PCD et PRD des CT concernées. Je souhaite aussi, MM les Ministres, que les services déconcentrés de l’Etat soient associés de près à la bonne réalisation de ces projets et y apportent tout leur soutien.

Les choix de l’UE

Je voudrais également dire un mot sur les raisons qui ont conduit l’UE à choisir de soutenir ces projets, parmi beaucoup d’autres.

A l’image du projet ACORDS, que vous connaissez bien, tous les projets que l’UE finance avec des ONG sont choisis de façon transparente, au terme d’une sorte de compétition entre les propositions soumises par les uns et les autres. A chaque appel, nous évaluons tous les projets reçus, et nous nous efforçons de retenir les meilleurs, c'est-à-dire ceux qui cadrent le mieux avec les grands objectifs de développement qui ont été définis avec le gouvernement.

Le premier objectif, c’était de renforcer notre appui dans le Sud de Madagascar, qui est depuis longtemps la zone de concentration de la coopération de l’UE à Madagascar. Et qui le restera au cours des cinq prochaines années, avec le 10ème FED, parce que vos régions souffrent de handicaps structurels et d’un niveau de pauvreté qui mérite d’être soutenu par un effort particulier.

Le deuxième objectif, c’est précisément la lutte contre l’extrême pauvreté : les communes choisies pour le programme PRONUMAD sont celles où les populations sont encore plus pauvres qu’ailleurs, particulièrement désavantagées et vulnérables après les saisons 2005-06 et 2006-07.

Dans vos communes, une grande part des populations et des familles, vivent ici aujourd’hui dans une situation de post-crise. Elles ont connu des kérés très sévères, le retour de soudures longues et difficiles, et chacun sent que la menace d’une nouvelle disette ne peut pas être écartée. Affaiblies sur le plan sanitaire, démunies sur le plan économique parce qu’elles ont dû se défaire de leur cheptel ou de leurs outils de travail, les populations les plus pauvres du Grand Sud sont fragilisées.

Pourtant, ce n’est pas une approche humanitaire que nous avons privilégiée, et encore moins une logique de secours d’urgence. A travers PRONUMAD, c’est une approche structurelle que l’UE veut soutenir. Pour stimuler la production vivrière en facilitant l’accès aux facteurs de production ; conforter ou rétablir les circuits économiques de la commercialisation et du crédit ; reconstruire les bases d’un équilibre alimentaire soutenable dans les familles, et d’abord pour les enfants.

Toutes ces actions s’insèrent parfaitement dans la politique du gouvernement, qu’elles viennent appuyer de façon concrète. Elles s’inscrivent dans les axes du PNDR, du PANSA et les objectifs de l’ ONN. Elles contribuent directement à la réalisation des grands engagements du MAP, en particulier Développement Rural (Eng 4) et celui de la Solidarité Nationale (Eng 8). C’est pourquoi elles méritent le plein appui des autorités à chaque niveau, et la mobilisation confiante des populations. C’est la condition de leur réussite.

Conclusion

Messieurs les Ministres, nous avons parlé des ONG, des autorités, et des bénéficiaires.
Messieurs les Ministres, Messieurs les Ministres,

Je voudrais conclure en adressant mes félicitations et mes souhaits de réussite à chacune des communes concernées.

A leurs maires, fraîchement élus, aux conseillers communaux et à tous les habitants qui vont se mobiliser une nouvelle fois pour améliorer leurs conditions de vie et ouvrir à leurs enfants des perspectives meilleures.

Je vous remercie.

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