[29 janvier 2008] Lancement de 4 nouveaux projets d'action sociale.
Discours de Mr Jean-Claude BOIDIN,
Ambassadeur, Chef de Délégation de la Commission Européenne à Madagascar, à l’occasion du lancement de 4 nouveaux projets d'action sociale.
Antananarivo, le 29 janvier 2008
Madame le Vic-Ministre de la Santé et de la Protection Sociale,
Monsieur le Maire de la Commune Urbaine d'Antananarivo,
Monsieur le Chef de Région,
Messieurs les Directeurs,
Mesdames les représentants de l’Ordonnateur National,
MM les responsables des ONG engagées dans l'action sociale à Madagascar,
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais d’abord vous remercier pour votre accueil et pour votre hospitalité.
Je suis heureux que nous nous retrouvions aujourd’hui, à l’occasion du lancement de 4 nouveaux projets de développement initiés par des ONG à Antananarivo et dans d'autres agglomérations, projets auxquels la CE apporte un concours financier substantiel de 2,2 Millions d’Euros.
Ces projets viennent tout juste d’être signés, à la fin de 2007. Leur mise en œuvre commence à peine, et ils devraient produire des résultats dans le courant de cette année. Ce sont des projets pour 2008 et au-delà, qui accompagnent nos souhaits pour la nouvelle année qui commence.
Je suis heureux d'être ici en présence de responsables d'ONG qui sont engagées de longue date dans le développement et l'action sociale à Madagascar, souvent avec notre appui, et qui ont acquis une expérience irremplaçable de la lutte contre la pauvreté. Vous êtes à l’origine de ces nouveaux projets, vous pourrez nous en dire plus sur vos objectifs et vos activités.
Je suis particulièrement heureux que cette cérémonie se tienne en présence du Vice-Ministre de la Santé et de la Protection Sociale et du Maire de la Commune Urbaine d'Antananarivo. Avec celle des représentants de l’Ordonnateur National, votre présence démontre au plus haut niveau l’intérêt que les autorités portent à ce type d’actions de développement à la base, et aux populations vulnérables de la capitale.
Aspects communs
Permettez moi de souligner quelques aspects communs aux quatre actions qui sont lancées aujourd’hui :
- Tout d’abord leur dimension : le budget moyen de ces huit projets est de 560.000 €, soit environ 1,3 milliard d’Ariary. Ceci montre que l’UE ne finance pas que des très grands projets à Madagascar. Nous ne sommes pas non plus dans le domaine des micro-réalisations et des projets villageois : il s’agit de « méso-projets » qui, par leur taille, peuvent avoir un véritable impact sur les processus de développement, tout en restant proches des populations.
- Ensuite les domaines d’activité concernés : ces 4 projets sont assez différents les uns des autres par leurs activités, mais tous mettent l'accent sur le développement social des groupes vulnérables. A Tananarive l'accent sera mis sur l'environnement sanitaire et social et sur l'éducation ; à Mahajanga sur les droits de l'enfant ; à Farafangana sur l'accès à l'école ; ils seront conduits par les ONG ENDA, DEFI, Enfants du Monde – Droits de l'Homme et Interaide.
- En troisième lieu, l’additionnalité des ressources; les subventions de la CE aux ONG viennent directement du budget de l’UE à Bruxelles, et non pas du programme indicatif qui finance notre coopération avec Madagascar dans le cadre de l’accord de Cotonou. Pour Madagascar, ce sont donc 2,2 M€ d’aide européenne en plus. Auxquels s’ajoutent 500.000 € apportés par les ONG concernées. Au moment où nous nous efforçons tous de mobiliser des ressources additionnelles en soutien au MAP, c'est un signal positif de l'engagement de l'Union Européenne à appuyer le développement du pays.
- Enfin le lien avec la décentralisation en cours à Madagascar : chacun de ces projets se consacre à une ou plusieurs communes bien déterminées, et son exécution s’inscrit de façon étroite dans les priorités des collectivités territoriales. Je sais que les ONG ont préparé et formulé leurs projets en liaison étroite avec les Maires, les Chefs de Régions. Je souhaite que cette collaboration s’approfondisse encore au stade de l’exécution, et que les investissements réalisés s’inscrivent bien dans les PCD et PRD des collectivités concernées. Je souhaite aussi, Madame le Ministre, que les services déconcentrés de l’Etat soient associés de près à la bonne réalisation de ces projets et y apportent tout leur soutien.
Les choix de l’UE
Je voudrais également dire un mot sur les raisons qui ont conduit l’UE à choisir de soutenir ces projets, parmi beaucoup d’autres.
A l’image du projet ACORDS, que vous connaissez bien, tous les projets que l’UE finance avec des ONG sont choisis de façon transparente, au terme d’une sorte de compétition entre les propositions soumises par les uns et les autres. A chaque appel, nous évaluons tous les projets reçus, et nous nous efforçons de retenir les meilleurs, c'est-à-dire ceux qui cadrent le mieux avec les grands objectifs de développement qui ont été définis avec le gouvernement.
Le premier objectif, c’est précisément la lutte contre l’extrême pauvreté : les projets choisis sont ceux qui concernent les populations les plus pauvres et les plus vulnérables, dans les quartiers défavorisés des grandes villes.
Le deuxième objectif, c'est de renforcer la capacité des communautés santés de base et de la Société Civile à s'organiser et à prendre en charge leur propre développement, dans le cadre des priorités définies par les pouvoirs publics et par les élus.
Toutes ces actions répondent d'abord aux besoins prioritaires des populations : elles s’insèrent parfaitement dans la politique du gouvernement, qu’elles viennent appuyer de façon concrète. Elles s’inscrivent dans les axes du Plan Education pour tous, et de la politique nationale de Santé. Elles contribuent directement à la réalisation des grands engagements du MAP, en particulier dans le domaine de l'Education (Eng 3) de la Santé (Eng 5) et celui de la Solidarité Nationale (Eng 8). C’est pourquoi elles méritent le plein appui des autorités à chaque niveau, et la mobilisation confiante des populations. C’est la condition de leur réussite.
Ces actions nouvelles viennent compléter les nombreux projets déjà soutenus par l'Union Européenne à Antananarivo avec d'autres ONG comme Handicap International, APPEL, Partage ou le GRET, dont des représentants sont présents parmi nous.
Pourtant, ce n’est pas une approche humanitaire que nous avons privilégiée, et encore moins une logique de secours d’urgence. A travers PRONUMAD, c’est une approche structurelle que l’UE veut soutenir. Pour stimuler la production vivrière en facilitant l’accès aux facteurs de production ; conforter ou rétablir les circuits économiques de la commercialisation et du crédit ; reconstruire les bases d’un équilibre alimentaire soutenable dans les familles, et d’abord pour les enfants.
Toutes ces actions s’insèrent parfaitement dans la politique du gouvernement, qu’elles viennent appuyer de façon concrète. Elles s’inscrivent dans les axes du PNDR, du PANSA et les objectifs de l’ ONN. Elles contribuent directement à la réalisation des grands engagements du MAP, en particulier Développement Rural (Eng 4) et celui de la Solidarité Nationale (Eng 8). C’est pourquoi elles méritent le plein appui des autorités à chaque niveau, et la mobilisation confiante des populations. C’est la condition de leur réussite.
Conclusion
Madame le Ministre, Monsieur le Maire, nous avons parlé du rôle des autorités, et des bénéficiaires.
Je voudrais conclure en adressant mes souhaits de réussite à chacune des ONG concernées, et surtout aux populations partenaires, qui elles aussi sont invitées à se mobiliser.
Aux maires, fraîchement élus, aux conseillers communaux et à tous les habitants qui vont se mobiliser une nouvelle fois pour améliorer leurs conditions de vie et ouvrir à leurs enfants des perspectives meilleures.
Je vous remercie.