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Activités et orientations de la Banque européenne d'investissement (BEI) à Madagascar
(Activités de la Banque européenne d'investissement (BEI) à Madagascar au cours des cinq dernières années et les orientations de la BEI dans la cadre de la Facilité d'Investissement/Accord de Cotonou)
1. Cadre général
Les activités de la Banque européenne d'investissement à Madagascar s'inscrivent - depuis une vingtaine d'années - dans le cadre des Conventions de Lomé successives, et à partir de cette année, de l'Accord de Cotonou, et sont complémentaires aux activités de la Commission européenne.
La BEI est mandatée de contribuer, dans le cadre de la coopération financière, au financement de projets et programmes productifs - ou d'autres investissements visant à la promotion du secteur privé - en particulier dans l'industrie, l'agro-industrie, le tourisme, les mines, l'énergie ainsi que dans les transports et les télécommunications.
2. Les opérations de la BEI à Madagascar au cours des cinq dernières années
Depuis 1998, les opérations suivantes - pour un total de 56 millions d'euros sur capitaux à risques - ont été signées dans le cadre du Second Protocole Financier de la Convention de Lomé IV:
- JIRAMA Power Réhabilitation II: Un prêt de 25 millions d'euros pour la réhabilitation des grandes centrales hydrauliques de la JIRAMA et la réhabilitation et extension du réseau de transport et de distribution d'électricité
d'Antananarivo et d'Antsirabé. Ce financement répond à un besoin urgent de faire face à la
M. Jean Louis Biancarelli, D.G de la BEI
à la centrale hydroélectrique de la JIRAMA à Mandraka
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demande d'électricité prévue pour les dix prochaines années.
- JIRAMA Eau : Un prêt de 4 millions d'euros pour la réhabilitation, modernisation et extension des systèmes de production et distribution d'eau potable dans ces deux villes pour couvrir une demande en croissance régulière, ce qui aura aussi des effets positifs indirects sur la santé et la qualité de vie de la population.
Ces deux prêts ont été signés le 17 décembre 1998 et ont été rétrocédés par la République de Madagascar à la société à capitaux publiques JIRAMA, responsable de la production et distribution d'eau et d'électricité à Madagascar.
- Moramba Aquaculture: Un prêt d'un million d'euros à Aquaculture de la Mahajamba (Aqualma), signé le 15 décembre 1999, pour le financement partiel d'une écloserie de crevettes à Moramba sur la côte nord-ouest de Madagascar.
- Prêt Global Développement du Secteur Privé: Une ligne de crédit de 8 millions d'euros a été accordée conjointement au BNI-Crédit Lyonnais (BNI-CL), la Banque Malgache pour l'Océan Indien (BMOI), la BFV-Société Générale (BFV-SG) et la Union Commercial Bank (UCB) pour rétrocession aux bénéficiaires finals soit en euros, soit en francs malgaches. Une cinquième banque, la Bank of Africa (BOA) les a rejoint en 2004. Le prêt qui a été signé avec les quatre intermédiaires financiers en décembre 1999 et janvier 2000, est destiné au financement d'investissements de petite et moyenne envergure dans le secteur privé, plus particulièrement l'industrie, l'agro-alimentaire, la pêche, les mines, le transport, le tourisme et les services connexes. Il vise au développement du secteur privé au moment où le programme de privatisation s'accélère, en apportant des financements à terme sur un marché où actuellement de telles ressources ne sont pas facilement disponibles.
- Aquamas Aquaculture : Deux prêts d'un total de 7 millions d'euros à Aquaculture des Mascareignes (Aquamas), signés le 18 mai 2000, pour le financement partiel d'une ferme d'élevage de crevettes et d'une installation de conditionnement sur la côte nord-ouest.
- Madarail :
Le projet concerne la réhabilitation du chemin de fer du Réseau Nord à Madagascar qui comprend 720 km de voies métriques, et qui relie le port de Toamasina aux villes d'Antananarivo, Antsirabe et Moramanga ainsi qu'à la mine de chromite située près du lac Alaotra.
En contribuant à la reconstitution et au développement des capacités, ainsi qu'à l'amélioration de la sécurité, de la fiabilité et de la qualité du réseau, l'objet principal du projet est de restaurer son utilité commerciale sous un régime de concession privée.
3. Les orientations de la BEI dans le cadre le la Facilité d'Investissement/Accord de Cotonou.
La contribution de la Banque européenne d'investissement dans le cadre de l'Accord de Cotonou consistera à fournir des ressources financières à long terme, en vue notamment d'aider à la promotion de la croissance du secteur privé et à la mobilisation de capitaux nationaux et étrangers à cette fin. Ce soutien revêtira principalement la forme d'opérations sur capitaux à risques réalisées au titre de la Facilité d'Investissement de l'Accord de Cotonou.
La Banque est prête à examiner les demandes de financement émanant de plusieurs secteurs de l'économie. L'accent de nos activités sera mis davantage sur la promotion de la croissance du secteur privé mais des projets menés par les entités du secteur public seront également éligibles, pour autant qu'elles soient gérées sur une base commerciale. Une large gamme d'instruments financiers, allant de prises de participation aux opérations classiques de prêt et de garantie, sera disponible et nous envisageons de nous concentrer sur trois secteurs principaux:
- En premier lieu, la continuation de notre coopération étroite actuelle avec les intermédiaires financiers locaux, afin d'appuyer les petites et moyennes entreprises par l'intermédiaire de prêts globaux ou de fonds d'investissement ou de garantie.
- En deuxième lieu, le financement direct de grands projets individuels dans le cadre desquels la Banque peut apporter une valeur ajoutée lors de l'instruction technique de l'investissement et/ou avoir un rôle de catalyseur en encourageant par sa présence l'octroi de prêts ou de prises de participation du secteur privé. Les projets concernés seront choisis dans des domaines où Madagascar dispose d'un avantage comparatif, comme le textile, le tourisme, l'agro-industrie et l'extraction minière.
- En troisième lieu, le financement de grands projets d'infrastructure, notamment dans les secteurs de l'énergie, de l'eau et du traitement des eaux usées, des ports, et des transports. Il s'agira surtout de contribuer à renforcer l'efficacité des services publics et de promouvoir la participation du secteur privé là où elle est indiquée.
Comme la Banque n'a pas d'enveloppe financière pré-déterminée pour chaque pays dans lequel elle intervient, son approche en matière de soutien des investissements est fonction de la demande, des besoins et des contraintes ; une enveloppe importante - 2,2 milliards d'euros - est disponible pour l'ensemble des pays ACP au titre de la Facilité d'Investissement. La mesure dans laquelle la Banque pourra engager des ressources au bénéfice de l'économie malgache dépendra par conséquent pour une large part du contexte macroéconomique, en particulier de la poursuite de politiques économiques et d'un climat d'affaires favorables au développement du secteur privé. A titre d'indication, la Banque a fixé au début de la Convention Lomé IV bis un montant indicatif de EUR 30 millions pour Madagascar, mais en fait elle a engagé EUR 54 millions: dans le cadre de l'Accord de Cotonou, étant donné les besoins du pays et son potentiel, ce chiffre pourra encore être augmenté si de bons projets d'investissement se réalisent.
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