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Développement rural et Sécurité alimentaire

Considérant l’importance dans la réduction de la pauvreté d'une économie agricole basée sur la subsistance et capitalisant les expériences communautaires précédentes à Madagascar, le développement rural a été retenu comme secteur de concentration du PIN 9ème FED. L’appui s’inscrit dans le cadre du DSRP-C, qui réaffirme les orientations principales du Plan d’Action pour le Développement Rural (PADR) en ajoutant un lien fort avec le processus de décentralisation et la promotion de pôles de développement locaux. Le Programme d’Appui aux Communes et aux Organisations Rurales pour le Développement du Sud (ACORDS), vise à améliorer de façon simultanée, la production et les conditions de vie en milieu rural. La stratégie choisie consiste à ancrer les interventions au niveau local et à financer des investissements en ressources humaines et en infrastructures sur la base des Plans Communaux de Développement (PCD).

En complémentarité de ce programme et conformément au cadre de politique sectorielle existant, un appui significatif continue à être fourni pour la promotion des filières d'exportation agricole, la gestion des ressources halieutiques, le développement de l’élevage et les systèmes de micro crédit. Cet appui est financé par les fonds STABEX et les reliquats 8ème FED.

Appui aux Communes et aux Organisations Rurales pour le Développement du Sud (ACORDS)

Le DSRP consacre une place prépondérante au développement rural, à l’augmentation des revenus agricoles et escompte un rythme de croissance de 4%, pour atteindre l’objectif de croissance globale qu’il s’est fixé, soit 6 à 7%. Le DSRP insiste également sur la nécessité de susciter l’adhésion et la mobilisation de tous les acteurs et considère la relance du processus de décentralisation, comme le moyen de s’assurer de l’ancrage et de l’appropriation des actions de développement par les populations. Dans cette perspective plusieurs interventions et mesures sont prévues : renforcement du rôle des communes dans leur position d’interlocuteur privilégié, renforcement de leurs capacités institutionnelles (incluant l’appui aux Plans Communaux de Développement), le développement des dispositifs de coopération intercommunale et l’amélioration de l’autonomie financière des communes (croissance des ressources fiscales et parafiscales).

L’Appui au Développement rural et à la Sécurité Alimentaire est défini comme l’un des secteurs de concentration du Programme Indicatif National (PIN) du 9ème Fond Européen de Développement (FED). A cet égard, l’UE à élaboré un Programme d’Appui aux Communes et aux Organisations Rurales du Sud (ACORDS) d’un montant global de 60 M €, en définissant trois axes prioritaires : les investissements communaux (21 M €), les Investissements Intercommunaux (20 M €) et le développement des capacités (7 M €) s’articulant autour de quatre objectifs spécifiques : l’édification de bases du développement régional intégré, le renforcement des ressources et capacités locales, l’amélioration de l’accès aux services sociaux (Santé et Education) et à l’eau potable ainsi que l’augmentation des revenus agricoles par l’augmentation de la productivité et la protection des bassins versants.

La stratégie adoptée par l’Union Européenne, à travers ce programme, vise à financer les investissements en ressources humaines et en infrastructures sur la base des Plans Communaux de Développement. Sa mise en œuvre satisfait à la fois, à la volonté du Gouvernement de faire des communes le principal point d’ancrage des actions de développement, ainsi qu’aux recommandations faites dans le cadre de l’évaluation des programmes précédents de développement rural (combiner les actions classiques d’amélioration de la productivité avec d’autres types d’interventions).

Le Programme, conçu selon un processus participatif, interviendra sur environ 200 communes, des Provinces Sud du pays, Fianarantsoa et Tuléar. A ce jour, une première tranche, correspondant à 32 M € a été engagée, une seconde tranche de 28 M €, le sera, après revue à mi-parcours du partenariat UE – Madagascar, prévue en septembre 2004.

Système de Stabilisation des Exportations
STABEX

Le STABEX appuie les principales filières d’exportation qui génèrent une entrée importante de devises à Madagascar : pêche et aquaculture, vanille et autres épices, litchis. Par ailleurs, certaines actions transversales visent à améliorer la compétitivité de filières d’exportation par le désenclavement et ainsi faciliter l’écoulement des produits d’exportation, par la normalisation et la promotion des produits d’exportation.

Pour les années d’éligibilité 96, 97, 98, 99, une nouvelle convention d’un montant de 20 M € a été signée en 2002.

Cinq programmes sont actuellement financés :

  1. Intensification de la production et structuration professionnelle des filières (les financements STABEX ont notamment contribué de manière significative à l’augmentation de la production de la vanille à Madagascar)
  2. Normalisation et promotion des produits agricoles et animaux d’exportation
  3. Surveillance des pêches
  4. Appui institutionnel à la Maîtrise d’ouvrage et à la gestion des programmes
  5. Désenclavement des zones de production

Une évaluation de l’utilisation des transferts STABEX a été réalisée en septembre 2001, ainsi qu’un audit en 2003. Les interventions sont apparues pertinentes avec des résultats significatifs. La gestion administrative est efficiente, le suivi et l’appui technique dans les différentes interventions sont efficaces et appréciées par les institutions gouvernementales et les organisations professionnelles. Il s’agit d’un programme offrant une bonne lisibilité et un retour sur investissement immédiat. Les acquis du processus de libéralisation des filières s’appuyant sur la structuration professionnelle et le dynamisme des producteurs, requièrent une phase de consolidation pour mieux asseoir la compétitivité des exportations malgaches, établir la confiance des pays importateurs et contribuer à équilibrer la balance des paiements en augmentant les recettes en devises du pays.

Sécurité Alimentaire

L’actuel Programme de Sécurité Alimentaire de l’Union Européenne à Madagascar, s’intègre dans la Stratégie Nationale de Sécurité alimentaire adoptée en 1997 et dans les politiques sectorielles nationales, et plus particulièrement dans le Plan d’Action pour le développement Rural (PADR). Il se concentre sur les deux zones de concentration géographique dans le Sud du pays, Tuléar et Fianarantsoa, et plus récemment sur neuf régions, classées en deux catégories : régions à fort potentiel de développement et régions « fragiles ». Concernant le premier groupe de régions, les interventions visent à promouvoir une sécurité alimentaire durable et à renforcer les capacités de commercialisation des excédents agricoles vers les zones déficitaires. Concernant le second, il s’agit de poursuivre les programmes de réhabilitation post-cycloniques et de réduire l’insécurité alimentaire chronique, aggravée ces dernières années par la chute des cours du café, qui constituait la première source de revenus monétaires des ménages dans la région du Sud-Est de Madagascar. Des appuis aux filières vivrières à haut potentiel en vue d’améliorer le revenu des exploitations agricoles sont également prévus. Un objectif transversal à l’ensemble des interventions est la promotion des acteurs ruraux. Pour le milieu urbain et périurbain, différentes actions sont financées pour soutenir les populations les plus vulnérables par la mise en place de filets de sécurité durables.

Trois axes majeurs d’intervention ont été retenus : l’aide budgétaire, l’aide projet et l’appui à la société civile.

L’aide budgétaire : L’Union Européenne est le premier partenaire en matière de financement direct du renforcement des capacités des services publics chargés du développement rural et de la sécurité alimentaire. Plus de 13 M € ont été mobilisés durant les cinq dernières années, à cette fin. Cet appui budgétaire ciblé met principalement l’accent sur des mesures de réformes administratives et institutionnelles dont les objectifs sont de renforcer les capacités de l’Etat dans ses prérogatives (orientation et pilotage de la politique sectorielle, programmation, suivi-évaluation etc.). L’appui budgétaire permet en outre de soutenir les projets d’investissement tels que le Programme d’Investissement Public (PIP), la réhabilitation de périmètres irrigués, l’appui à la direction des Services Vétérinaires, le financement des investissements de l’EPP et des Groupes de Travail de Développement Régional (GTDR), dans le cadre du PADR.

Aide projet : Plus de 7 M € ont été mobilisés pour financer, d’une part, les opérations de lutte anti-acridienne (appui budgétaire ciblé au Centre National Antiacridien afin de renforcer sa capacité préventive) et d’autre part, la mise en place d’un Système d’Information Régional de Sécurité Alimentaire (SIRSA) qui va succéder au SAP également financé par l’ UE jusqu’au 30 juin 2004. Le SIRSA est un outil d’aide à la décision visant à améliorer la prise de décision et le pilotage de la politique de développement rural, au niveau régional et national.

Appui à la société civile : Ces trois dernières années, plus de 17 M € ont été mobilisés par l’Union Européenne pour financer des actions d’appui à la sécurité alimentaire mises en œuvre par des ONG. Face au désengagement de l’Etat et compte tenu de leur proximité avec le public bénéficiaire et leur connaissance du terrain, les ONG, ont été choisies comme interlocuteurs privilégiés par l’Union Européenne, en matière de Sécurité Alimentaire.

 

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